15/12/2009

Nicolas Frize dans la cour vitrée des beax arts / "la" concert de porcelaine

"L'oeuvre a pour nom « la » - concert de porcelaine. Pendant trois ans, son compositeur Nicolas Frize, en résidence à la Manufacture nationale de Sèvres, a mené, en relation étroite avec les artisans de la Manufacture, une recherche inédite en lutherie sonore et musicale. Il travaille alors la pâte, les formes, les savoir-faire. Cette expérimentation donnera naissance à plusieurs centaines d’instruments en porcelaine qui composent « l'instrumentarium ». Vers la fin de sa résidence, Nicolas Frize a invité Jean-Pierre Drouet à écrire avec lui une oeuvre destinée à être interprétée par ces instruments de porcelaine. L’instrumentarium de porcelaine est entièrement blanc, biscuité ou émaillé. Une myriade d’objets sonores suspendus, posés, accrochés, imbriqués, de toutes formes et de toutes tailles, légers, précis, parfois miniatures, mystérieux, silencieux, attendent les musiciens : une collection de bols tournés, une cabassa ou un udu sortis d’un vase, des claviers de lames rondes, un arbre à assiettes, des triangles ondulés, des feuilles frottées, des chimes faits d’anses de tasses ou de fins colombins, une vasque à boule, un « volutophone », un plateau à billes, des goulottes chantantes, des pluies rebondies, des galets découpés, des dés à dix doigts, une coupe à fruit pour archet de contrebasse, des baguettes scintillantes, des aiguilles dansantes et un hautbois baroque en porcelaine… Certains de ces objets sont des transpositions d’instruments déjà existants en bois ou en métal, d’autres sont des productions de la Manufacture détournées musicalement, d’autres encore sont inédits, crées spécifiquement et mis au point durant la résidence."
Présentation de l'oeuvre telle qu'elle est proposée par le site du ministère de la culture.

Et à voir et écouter ça donne quoi ?
Même si partition il y a, on reste souvent, au niveau musical, dans une présentation des possibles - que se passe t-il quand je joue de ma porcelaine avec un archet, quand je souffle dedans, quand je la gratte, la frotte, la casse ... - Le concert devient une suite de phrases courtes qui présentent un type d'instruments de la collection et/ou les manières d'en jouer. De ce point de vue là la pièce peut décevoir ceux qui s'attendaient à écouter de la musique.

Mais les auteurs semblent avoir bien compris que ce ne sont pas les mélodies qui feront la pièce mais bien les instruments. Et de ce point de vue là, tout est très réussi. Les objets sont magnifiques et prolifiques, la mise en scène (avec différentes estrades), le déplacement des musiciens parmi le public, le changement de siège entre chaque acte permet au spectateur de voir les instruments au plus prêt et sous de multiples facettes.

Au final il s'agit plus d'une performance sonore que d'un véritable concert, ce qui est beau n'est pas ce que nous entendons mais ce qui est donné à voir, l'intérêt de la pièce est moins dans le résultat en tant que musique que dans le processus de création de son.