21/02/2011

Du populisme dans l'art

Je suis tombé la semaine dernière de manière un peu accidentelle trois fois sur des artistes ou critiques dont les propos m'ont dérangé.
Dans le premier cas il s'agit d'un interview de Gondry au sujet de son dernier film "the green hornet" dans le magazine Le Monde2. Gondry y explique, un peu comme le Garp de Irving, qu'avec ce film, l'enjeu était de devenir enfin riche, très riche. Bon déjà ça, ça fait assez drôle... Mais finalement, pourquoi pas ? Se prêter à l'exercice du blockbuster, du film de studio, et en profiter sur le plan financier c'est pas une mauvaise chose. Non le problème n'est pas là mais quand Gondry se pose la question s'il ne "pétait pas plus haut que son cul" dans ses films précédents.
Dans le deuxième cas, le petit choc a eu lieu devant ma télé, en regardant Eric et Ramzi dans les enfants de la télé. Ils étaient là pour faire la promo de leur dernier film "halal, police d'état". Cette nouvelle comédie est plus "généreuse en gags", plus "potache"... et pour finir la phrase qui me fait dresser les antennes de nouveau "parce que, hein, on se la pétait un peu avec nos deux précédents films".
Ce qu'on retrouve en creux dans les deux discours c'est l'idée qu'il y aurait quelque chose de fondamentalement vaniteux et mauvais à vouloir aller contre les attentes du public, contre les recettes du box-office. Au cinéaste populaire est opposé le cinéaste qui se la pète, qui se la raconte...
Mon troisième choc a été juste après le deuxième, je zappe et tombe sur France 2 où Elisabeth Levy se lance dans une croisade contre le festival d'Avignon, dénonçant le terrain occupé par une "avant-garde officielle" détruisant le théâtre "populaire". Après quelques secondes il se trouve que dans la catégorie théâtre populaire elle n'entends bien sur pas les stars de One man show (de Jamel à Lucchini) ni le théâtre de boulevard mais le répertoire classique. 
Bon alors déjà faudra m'expliquer en quoi le répertoire classique est populaire, mais surtout ce qui me choque c'est qu'on assiste dans les trois cas à une opposition entre un art populaire donc vertueux et un autre qui serait destiné aux élites, donc corrompu.
Il semblerait donc que le populisme qui pourrit le monde politique ait infiltré celui des arts, et certains de ses acteurs le promène, d'interview en chronique, sans se rendre compte qu'ils détruisent lentement mais surement la pensée critique sur leur passage...