11/11/2013

Come back

















Faire de l'art c'est comme le sport, ça s'oublie pas vraiment mais quand on a négligé la pratique pendant un moment, on a besoin d'un sacré entrainement pour revenir à un niveau acceptable (et certains n'hésitent pas à utiliser des substances dopantes).

Pour remettre la machine en route, je dépiaute tout ce qui traîne chez moi comme magazines... Un manière à la fois de relire les Beaux-Arts et Art Press qui restent dans les placards, remettre en route les yeux et la logique associative et faire du recyclage.

L'enfer du décor


10/03/2013

L'art a l'épreuve du réel

Pas de nouveaux posts depuis un mois !!!

Que se passe t-il ?
La réponse : le travail. Faire de l'art en résidence ou dans une école est simple, on a le temps, l'espace, et avec un peu de chance, même les outils.
Depuis novembre j'alterne commandes et vacation comme formateur en arts appliqués. De facto je deviens un artiste du dimanche. L'arrivée dans le monde du travail est l'occasion d'une prise de conscience cruelle sur les conditions économiques nécessaires à une pratique artistique. Ce n'est pas avec le RSA que nous allons construire la prochaine avant-garde (le retour des pratiques légères comme le dessin et le collage ne seraient-ils qu'un effet de la crise ?).

Ce combat que devient la pratique artistique dans le "monde réel" est étonnement peu abordé par les artistes. On peut néanmoins parler de Julien Prévieux, et en particulier de ses lettres de non motivation. Publiée par les éditions Zones, cette compilation, qui évoque forcément les exercices de style de Queneau, montre les refus de candidature de l'artiste. Un geste qui malgré tout l'humour et le second degré de la démarche, illustre l'inadéquation entre vie d'artiste et monde de l'entreprise.
Cependant l'artiste reste ici à la marge, l'envoi de la lettre (et parfois la réponse du DRH) étant le degré d'interaction maximale entre lui et le monde du travail.
En revanche, Laurent Marissal se confronte au problème dans son entier. Ses livres Pinxit I et II, publiés par les éditions Incertain Sens, sont la chronique de ses activités artistiques au musée Gustave Moreau entre 1997 et 2003 pour le premier tome et celles entreprises dans le cadre de son nouveau poste de professeur entre 2005 et 2010 dans le deuxième volume.
Le postulat de base de Marissal pourrait se résumer ainsi : puisqu’il faut bien travailler pour vivre, et que le travail détruit le temps nécessaire à la création artistique il faut alors convertir le temps de travail en temps de création. 

Problématique joliment illustrée par sa peinture murale ci-dessous.
 
Laurant Marissal AKA Painterman Peindre le temps





















Dans les deux livres Marissal documente l'ensemble de ses actions artistiques furtives en entreprise ainsi que ses méthodes pour se soustraire aux contraintes du monde du travail. Si certaines des actions sont triviales, le propos ne l'est jamais. L'artiste montre le conflit entre un univers aliénant par nature et la liberté du geste artistique / et après avoir lu Pinxit I et II on ne peut que s'étonner de la complaisance extrême de la plupart des artistes avec le capital, tant ces univers sont a priori opposés.    

Parce que nous abordons l'idée de l’œuvre furtive il ne semble pas possible de faire l'impasse sur les pièces de jeunesse de Boris Achour. Si son travail a depuis radicalement changé, sa série Action-peu (un entretien intéressant à ce sujet ici) propose d'une manière proche de celle de Marissal de faire fi d'un certain nombre de contraintes (avoir une galerie, un budget...) pour construire des installations directement dans l'espace urbain.

Boris achour, Tract
Autant de pistes pour se remettre dans le bain !
  

07/01/2013