29/12/2015

bibliothēca, photos de l'exposition

Quelques photos de l'exposition, qui a été prolongé jusqu'au 2 janvier 2016.
C'est maintenant ou jamais pour aller voir !


Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele

Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele

Détail pris lors du vernissage ©David Rybak

12/12/2015

Christmas Party #01 / bibliothēca, exposition à la Under Construction Gallery


























Salut les amis,

j'ai le plaisir de vous annoncer, sur l'invitation de la commissaire Aurélie Faure (aka Katerina Stella) ma participation à bibliothēca à la Under Construction Gallery.

Cette exposition réunit un grand d'artiste autour du multiple et de l'édition et se déroulera du 17.12 au 24.12.2015. Vernissage le jeudi 17.12 de 18h à 21h. La galerie sera ouverte pour l'occasion le weekend.

Ci-après, toutes les informations compilées par notre curatrice, liste des artistes avec moult liens ainsi que quelques mots pour présenter l’événement...

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be curious & click

Jean-Michel Alberola, Aluan, Atelier Bingo, Born And Die, Angélique Buisson, Marielle Chabal, Claude Closky, Rémi Dal Negro,Nadège Dauvergne, dDash, Annie Descôteaux, Éditions Dilecta, documentation céline duval, Chloé Dugit-Gros, Juliette-Andréa Elie, Sarah Garcin, Alice Guittard, Bérengère Hénin, Hippocampe, Jean Boîte Éditions, La maison&, Bérénice Lefebvre, Lendroit éditions, Julien Levesque & Alain Barthélémy, Rachel Marks, Myriam Mechita, Claire Nicolet, Optical Sound, Pan, Paper!Tiger!,anthony peskine, Elodie Petit, Pli, David Rybak, Amélie Scotta, Sleep Disorders, Sottises, Sous le manteau, Tim Stokes, Éditions Supernova, Taroop & Glabel, Samuel Trenquier, URDLA, Adrien Vermont, Juliette Vivier, Capucine Vever, Lucy Watts, What You See Is What You Hear, Etaïnn Zwer, and more!
Commissariat : Aurélie Faure aka Katarina Stella

Christmas Party #01
— un évènement annuel à l'initiative de Under Construction Gallery, en partenariat avec Paper!Tiger!

bibliothēca
— un concept d'exposition dédiée à l'édition et au print, par Aurélie Faure aka Katarina Stella, qui réunit un corpus éclectique d'œuvres et de livres, à flirter ou à embarquer. La scénographie aura pour but de recréer un salon de lecture, dans un décor design emprunté à Jasper maison afin d'offrir au public de quoi prendre le temps de découvrir les travaux présentés. Une véritable bibliothèque réunira une sélection de livres : livres d'artiste, de revues, d'essais, de poésies, de magazines, de fanzines, etc. Une platine sera à disposition afin de pouvoir écouter des vinyles, diffuser des composition musicale, de la poésie et/ou des installations sonores, des archives de voyage, et découvrir des albums collectors, des pochettes inédites, etc. Un accrochage original présentera de la sérigraphie, du dessin, du design graphique, de la gravures, des collages, etc. Quelques multiples seront présents.

bibliothēca
— c'est l'occasion de partager et de produire ensemble. Les artistes et éditeurs se retrouvant dans la bibliothēca sont invités à participer à la réalisation de cartes postales. L'ensemble des propositions reçues seront rassemblées avec un dos carré/collé afin d'arriver à un objet abouti, prenant la forme d'un livre, et permettant à l'acheteur de les détacher une à une et de n'avoir plus qu'à mettre l'adresse du destinataire — éd.100ex [Co-prod. Born And Die + Paper!Tiger! + Under Construction Gallery] — Lancement samedi 19.12.2015

bibliothēca
— c'est aussi une programmation de lecture, concert, et performance au cours du samedi 19.12.2015, de 14h à 21h. venez nombreux, cette journée sera pleine de surprises qui vous réchaufferont le cœur et l'esprit !

bibliothēca
— sera ouverte tous les jours du 17 au 24.12.2015 de 11h à 19h, dimanche 20 et lundi 21 inclus.
— une prolongation de l'expo est prévue du 29.12 au 02.01.2016.

11/10/2015

Les éditions Anathème à l'Insolante

Après une première incursion dans le domaine de l'édition avec le livre d'artiste de Jérôme Benitta que nous avions sorti à l'occasion de son exposition Pornography in Hollywood à l'atelier, nous remettons le couvert en travaillant cette fois avec quatre artistes, auteurs de bandes dessinées aux éditions Anathème.

C'est dans le cadre du festival Fanzines que nous avons été approché par Amandine Meyer et Thomas Gosselin qui avaient envie de monter un événement pour donner plus de visibilité à cette petite maison trop peu connue. 

Nous présenterons bien sûr le catalogue complet d'Anathème mais aussi des dessins originaux ainsi que des sérigraphies de Joseph Callioni, François Henninger, Pierre Marty et Isao Moutte, éditées spécialement à l'occasion par l'Insolante. 

L'exposition aura lieu à notre atelier (sa page facebook, pour ceux qui ne la connaissent pas déjà) du 17 au 23 octobre. 
Vernissage vendredi 16, de 19h à 22h, on espère vous y voir nombreux !

Pour en voir plus sur les auteurs invités :
* Joseph Callioni : sa fiche sur citeBd, son dernier livre La planète impossible chez Atrabile
* François Henninger : sa fiche sur citéBd, son dernier livre Lutte des corps et chute des classes
en collaboration avec l'ami Thomas Gosselin
* Pierre Marty : son blog
* Isao Moutte : son blog, son dernier livre Castagne chez nos amis de The Hoochie Coochie



08/09/2015

The hootchie coochie circus

Yeah, le weekend du 26/27 septembre, je serai à la Générale avec tous mes collègues de l'Insolante
L'événement est organisé par nos amis de the Hoochie Coochie et a pour ambition d'être un petit salon d'édition centré sur la bande dessinée indépendante.

On y verra aussi plein d'exemples de micro-éditions présentés par des structures amies, comme la notre, mais aussi les éditions Polystyrène, Bicéphale, La Principauté du Commandant Charcot à Bruc-sur-Aff (L.L. de Mars & C. de Trogoff), Gonzine (Sarah Fisthole), Une Autre Image (Dérive Urbaine, Boris Hurtel), Super Señor (Adrien Houillère), Les Détails (Loïc Gaume), La Fabrique de Fanzines, Serendip Livres (Samandal, Biscoto, Super Loto, etc.), Flûtiste…

En plus de tout ça il y aura des démonstrations d'impression et des concerts samedi soir !

le programme complet ici.


02/09/2015

Suite californienne

Ma dernière série, dont d'autres images sont déjà visibles ici, continue de s'étoffer. J'ai profité de cette dernière impression pour faire ce petit gif qui montre les changements de l'image à chaque passage.
















































Le principe de la quadrichromie, qu'on voit très bien sur les affiches du métro, fonctionne par un principe de séparation des couleurs (cyan, magenta, jaune, noir), qui une fois superposées permettent de recréer un large spectre de teintes. 
C'est aussi bien un effet de mélange des couleurs (rendu possible par la transparence des encres), que d'optique (les points de trame ne se superposent que partiellement). 
La technique n'a en fait rien de nouveau puisqu'elle a été mise au point au 18ème siècle par des graveurs (voir ici pour plus détails sur le site de la BNF, avec les superbes planches anatomiques de Jacques-Fabien Gautier-Dagoty).
Dans le cas de mes sérigraphies, j'aime utiliser la méthode de la quadrichromie en jouant avec les couleurs et les ordres d'impression (ici on voit que le noir est remplacé par un terre de sienne).















































Pour les amateurs qui se poseraient plus de questions d'ordre technique (séparation des couleurs sur photoshop, choix des tailles et inclinaisons de trame), je vous recommande les forums du site seri-suisse, qui abrite la plus grosse communauté francophone d'imprimeurs artisanaux. 

21/08/2015

Je dis ça, je dis rien

Voici quelques images de mon accrochage chez 6T. 

C'est un projet d'exposition un peu inhabituel puisqu'il s'agit d'investir les bureaux d'une entreprise. Tous les ans, à l'initiative de son directeur, 6T (qui est un bureau d'études spécialisé dans les questions de transports) invite un artiste dans ses locaux. Occasion parfaite pour organiser une soirée entre clients et collaborateurs.














































18/08/2015

Anish Kapoor à Versailles

Suite des sorties estivales en région parisienne et changement total d’atmosphère, après le MAC-VAL à Vitry, le château de Versailles.  

Plutôt content que la nouvelle directrice Cathérine Pégard poursuive le travail d'invitation d'artistes contemporains qu'avait lancé Jean-Jacques Aillagon, je suis allé voir les sculptures d'Anish Kapoor. La bonne nouvelle est que l'exposition est (quasiment) uniquement dans les jardins, pas besoin donc de s’acquitter des 15 euros d'entrée pour une visite du Palais (attention cependant à éviter les spectacles, concerts et autres grandes eaux qui vous obligeront à acheter un ticket).

Comme lors des précédentes éditions, l'exposition a connu son "scandale", occasion à la fois pour les associations conservatrices d’exister médiatiquement et bien sûr de créer un "buzz" à peu de frais qui garanti l'affluence des curieux. 
On admettra pour le coup que lors de son entretien au JDD, Anish Kapoor n'y est pas allé de main molle...

Pour ce qui est des sculptures, elles ont la qualité d'être à l'échelle du lieu. Le challenge de Versailles, c'est dans un premier temps de réussir à ne pas être écrasé par le poids de cet espace, de son efficacité visuelle. Kapoor est coutumier de ce genre de défi, qu'il avait su relever à la Monumenta en 2011. L'exposition est moins impressionnante que celle du grand palais, mais les pièces sont là et arrivent - par moments - à créer une certaine tension avec le lieu.

Car malheureusement tout n'est pas réussi, comme C-Curve, avec laquelle on démarre notre visite. Malgré un certain charme, ce grand miroir incurvé reste quand même une pièce à selfie (ce que la photo suivante de l'artiste aurait tendance à confirmer...).

Anish Kapoor devant sa pièce C-Curve, miroir incurvé qui permet de voir la totalité de la façade du château...
En descendant l'axe principal vers le grand bassin se trouve Sky Mirror, qui, avec sa lentille réfléchissante sur trépied ne manquera pas de faire penser à un télescope... Clin d’œil certainement à l'ancien propriétaire des lieux. 

On arrive ensuite à Dirty Corner, le fameux "vagin de la Reine". Un gigantesque tube métallique semble sortir du parterre de Le Notre, propulsant autour de lui divers rochers... L'installation est certainement la plus dérangeante. Au contraire du brillant et du lisse des autres, elle a un aspect sale et mystérieux. On se demande aussi bien ce qu'il pourrait rentrer ou sortir de ce tunnel en forme de tulipe. Si la connotation sexuelle est assez évidente, on regrette malgré tout un peu que Kapoor ait forcé cette lecture lors de son interview, ce qui enlève à Dirty corner une partie de sa poésie...  

A ce stade de la promenade on commence à percevoir une certaine logique dans la suite des œuvres, le regard dans un premier temps invité à se tourner vers le ciel est dirigé vers le sol, idée qui se confirme avec Descension, qui clôt le parcours le long de l'axe central.   
La pièce, incroyablement photogénique est un peu survendue par la prise de vue officielle du château. En effet entre temps ont été installées des barrières de sécurité qui créent une mise à distance qui finalement neutralise la tension du dispositif (ce n'est plus un gouffre mais simplement son illustration).

La pièce, telle que sur la page officielle de l'exposition
Dans l’enchaînement de ces quatre pièces, Kapoor se montre respectueux de la logique du lieu, et/ou prudent face à sa force, en restant toujours sur l'axe de symétrie crée par Le Notre. Plutôt que de chercher à perturber la grande perspective des jardins il cherche plutôt à créer un nouvel axe ascension/descente qui renvoient à des espaces invisibles.   
On regrette une logique qui fonctionne mais reste assez superficielle, dans laquelle les pièces ont du mal à garder leur autonomie et perdent beaucoup de leur aura, devenant au mieux des objets métaphoriques au pire de simple gadgets.

Au final, c'est la pièce cachée dans le bosquet de l'étoile que nous avons préféré. Dans laquelle on retrouve tous les thèmes chers à l'artiste mais dans une sculpture dont on fait vraiment l'expérience (on entre dedans, on tourne autour et à chaque fois, elle se révèle différemment).     

Sectional body preparing monadic singularity


15/08/2015

Cherchez le garçon

L'exposition collective Cherchez le garçon se termine à la fin du mois et je vous conseille vivement de profiter de cette fin d'été à Paris pour aller y jeter un œil.

Le MAC-VAL n'est pas exactement super simple d'accès (à Vitry-sur-Seine, et même pas à côté de la gare) mais vaut largement le détour et, pour ne rien gâcher, l'entré y est gratuite ces vacances.

Pour cet accrochage, qui célèbre les dix ans du musée, le commissaire Frank Lamy a sélectionné une centaine d'artistes, tous hommes. On peut y voir un brin de malice vis-à-vis des nombreuses institutions qui au contraire organisent plus d’événements autour d'artistes femmes, cherchant à palier un déséquilibre historique en la matière (voir le travail des guerilla girls si vous ne voyez pas de quoi je parle).
Cependant rien d'antiféministe ici, bien au contraire. puisqu'il s'agit ici pour Frank Lamy de montrer comment les artistes hommes, eux aussi, réfléchissent sur le genre et cherchent à abandonner les stéréotypes de la société patriarcale.

On ne s'étonnera donc pas qu'une partie des œuvres aborde les questions de travestissement, que ce soit Kader Attia dans un étrange documentaire sur une communauté de travestis indiens (Collages, triptyque vidéo) ou Brice Dellsperger dans ses vidéos Body double (à voir ici sur vimeo).
Frank Lamy présente aussi de nombreux artistes aux démarches moins explicites mais qui mis ensemble montrent bien un zeitgeist qui n'a que faire des fantasmes de virilité conquérante. L'idée d'effacement et d'échec sont au contraire très présentes comme chez Jeremie Bennequin par exemple qui efface petit à petit Proust, et laisse d'A la Recherche du temps perdu une série de pages blanchies et des tas de pelures de gomme. 
Le commissaire n'a pas peur, pour appuyer son propos, de montrer plusieurs artistes qui réalisent la même pièce. On trouvera ainsi une autre version de l’effacement de Proust chez Sépànd Danesh ou encore trois images faisant suite au Saut dans le vide de Klein.
Dans l'ordre, Fayçal Baghriche Le saut dans le vide, Ciprian Muresan Leap into the void,
et Laurent Preixl, Bien Fait Mal Fait Pas fait Pas Faisable
La vaste sélection d'artistes donne à l'accrochage un aspect parfois un peu brouillon qui rappelle les foires d'art mais on se laisse rapidement séduire, pour peu qu'on se donne le temps de se promener dans l'exposition. 

Enfin, on pourra aussi se réjouir de voir que le commissaire, tout en s'offrant quelques superstars étrangères (Maurizio Cattelan, Bruce Nauman, Robert Mapplethorpe), met en avant la scène française, des vétérans comme Monory aux trentenaires comme Oriol Nogues ou Théo Mercier en passant par Closky, David Ancelin ou Boris Achour. 


11/06/2015

Actualités juin-juillet

Plein d'actualités arrivent dans les jours qui viennent !
En espérant vous y voir


Marché de la Poésie
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Aux éditions Siranouche vous pourrez trouver mes contributions dans plusieurs numéros du Coltin Grafik ainsi que quelques originaux.
L'occasion de découvrir cette éditrice passionnée et de voir de nombreux autres dessins et revues.
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33ème marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice, 75006 Paris
Stand 303
Du mercredi 10 juin au dimanche 14 juin 2015



Garden Parking
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Une exposition autour du multiple le week-end prochain, chez Kit, à Pantin.
J'y exposerai quelques sérigraphies avec mes camarades de l'Insolante. L'événement regroupe une quarantaine d'artistes, ateliers et collectifs et devrait offrir un beau panorama de toutes les variantes de l'édition. 
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Chez KIT
17, rue du chemin de fer, 93500 Pantin

Samedi 13 juin de 14h à 19h / Barbecue et musique de 19h à minuit
Puis dimanche 14 juin de 14h à 18h


Une journée de Coïncidences III 
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De nouveau, l'atelier participe au parcours artistique imaginé par Plateforme dans le quartier de la Réunion.
Cette année, nous donnons carte blanche à Jérôme Benitta pour occuper notre espace. Cette collaboration donnera lieu à une édition limitée tirée par nos soins. 
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L'Insolante 
33 rue de la Réunion, 75020 Paris
Du 18 au 28 juin, vernissage le Jeudi 18 juin de 18h à 22h



Je dis ça, je dis rien
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Tous les ans, le 6T, bureau de recherche, organise en partenariat avec la galerie l’Œil du Vingtième, une exposition dans ses locaux.
Pour la session 2015, je suis l'artiste invité et montrerai à cette occasion une sélection de mes derniers travaux. Une soirée de vernissage est prévue le 3 juillet, merci de m'écrire pour être dans la guest list !
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58 rue de Corvisart, 75013 Paris
Soirée de vernissage le 3 juillet.

15/04/2015

Toujours du Doré




Visite en province

A l'occasion de la journée des disquaires, le festival de musique Les Noces Félines, lance un marché de la création auquel nous serons présents avec une sélection d'éditions de l'Insolante.

C'est le 18 avril, à Reims, à l'ancien CIO, 36 rue Boulard. Avis aux amateur de champagne et de sérigraphie !

01/02/2015

Silence, que se passe t-il à Clichy-la-Garenne ?

Le 24 janvier s'ouvrait au Pavillon Vendôme, centre d’art contemporain de Clichy, l'exposition Femina ou la réappropriation des modèles. Le lendemain, l'artiste Orlan demande, via communiqué facebook, le décrochage de sa pièce et dénonce l'acte de censure subie par Zoulikha Bouabdellah. Silence, l'oeuvre de cette dernière initialement prévue, a été remplacée à la dernière minute.
Pourquoi ?
L'installation met en scène des tapis de prières, dont les centres découpés accueillent des paires d'escarpins. Questionnement de la place de la femme dans l'Islam, la pièce fait réagir la fédération des associations musulmanes de Clichy, qui contacte le maire de la ville. On ne sait pas vraiment qui cette fédération représente, ni ses liens avec la municipalité, ni d'ailleurs le contenu exact de l'échange avec les élus. Seulement que la crainte d'un incident, dans un contexte post-attentat, est prise au sérieux. 
Si l'on en croit les communiqués officiels, le retrait de l'oeuvre est le fruit d'une concertation globale. C'est d'un commun accord que l'artiste et sa commissaire choisissent, plutôt que de provoquer une confrontation à l'aboutissement incertain (d'un côté avec les pouvoirs publics, de l'autre avec d'éventuels spectateurs offensés), le remplacement de la pièce par une autre. 
Ipso facto, toutes les parties ont à ce moment trouvé un terrain d'entente, puisque l'ouverture de l'exposition a lieu sans incidents (pas de manifestations, ni des exposants, ni d'une quelconque association musulmane). 
Si Orlan n'avait pas jeté un pavé dans la marre, nous n'aurions probablement rien entendu de cette histoire ; le cartel de Silence, qui explique les raisons de son retrait, n’éveillant que des interrogations éphémères chez quelques spectateurs.
L'affaire éclabousse malheureusement l'ensemble de ses acteurs. Si Orlan donne à la mairie la responsabilité principale, difficile de ne pas voir celle des commissaires et des artistes, qui ont acceptés cet acte d'autocensure.
A cet égard, la posture de Christine Ollier, l'une des commissaires d'exposition, est assez troublante. Tandis que dans Next (le mensuel de Libération) elle semble justifier le retrait de la pièce, «dans le contexte d’aujourd’hui, il paraissait nécessaire de prendre ce message au sérieux», elle attaque la mairie dans le Figaro «Nous avons demandé à la mairie la fermeture de l'exposition car nous ne pouvons le faire nous-mêmes. Mais pour l'instant, aucune réaction de la part du maire de Clichy, Gilles Catoire.»
Zoulikha Bouabdellah assure de son côté que le retrait de sa pièce "n'est pas motivée par la peur" et que celle-ci n'est "en aucun cas dirigée contre la Fédération des associations musulmanes de Clichy, qui a semble-t-il fait son travail en alertant la mairie".
Plus encore que l'ambivalence de la commissaire, la candeur de l'artiste est déroutante. Qu'une artiste dont le travail se lit comme féministe et politique soit si mal à l'aise à l'idée d'une  possible confrontation laisse perplexe.
On est bien sur choqué de l'autocensure, car malgré les discours des uns et des autres, c'est bien la crainte qui a été le moteur de ce changement de présentation (qui traduit le malaise ambiant quand on touche à la "communauté musulmane"). Mais dans le fond, plus que ça, c'est le manque de conviction des acteurs qui frappent, l'artiste n'a pas défendu sa pièce, la commissaire n'a pas défendu son choix initial, la mairie n'a pas défendu sa programmation.
Bien que de nombreuses zones d'ombre persistent dans cette affaire, on peut dire que de toute évidence la capacité du travail de Zoulikha Bouabdellah à transcender les frontières s'arrêtent à Clichy.

David Rybak

31/01/2015

Bonne année

Mieux vaut tard que jamais...

Plus que tout autre l'histoire défie l'artiste, envers et contre tout. David Rybak

24/01/2015

Un américain à Paris, pourquoi les artistes français détestent Jeff Koons

























Alors que la rétrospective Koons bat des records d'affluence au centre Pompidou, on pourrait imaginer que l'américain aurait perdu à Paris une partie de sa nature controversée.
Il n'en est rien, et pour de nombreux artistes et critiques, Koons reste l'homme à abattre. 
Passage en revue des raisons qui font de lui l'incarnation des dérives de l'art contemporain.

L'argent

Jeff Koons est, depuis la vente d'un de ses balloon dog pour 58,4 millions de dollars, l'artiste vivant le plus cher au monde. Il devient donc de manière assez logique le symbole de la spéculation sur le marché de l'art. 
On peut bien sûr critiquer cette bulle (qui finira bien, comme les autres, par exploser). Il y a quelque chose d'effectivement terrifiant dans l'idée que les artistes ne soient que des valeurs financières, dont on acquiert les œuvres uniquement pour les stocker dans des coffres en Suisse ou au Luxembourg en attendant les prochaines enchères.
De toute évidence, certains ultra-riches s'imaginent être mécènes quand en réalité leur collection n'est rien de plus qu'un autre portefeuille d'actions d'un type particulier. 
Mais arrivé à ce stade, on peut légitimement demander, quel rapport avec le travail de Koons ? 
Car, même si on peut trouver que celui-ci est (en partie) dénaturé quand il devient objet spéculatif, il faut reconnaître l'existence du travail de Jeff Koons. L'intérêt de la rétrospective actuelle est d'ailleurs de montrer la cohérence de la démarche de l'artiste sur 30 années de création, des ready-made des débuts aux dernières séries de sculptures.

Koons n'invente rien

Ce qui nous amène à la deuxième critique, celle du ready-made. - A ce titre on observera que ce n'est certainement pas un hasard que la rétrospective Koons coïncide avec la grande exposition Duchamp ; et que la plupart des détracteurs de l'américain voit dans son aîné une des figures majeures de l'art au 20ème siècle - .
L'expo Koons s'ouvre avec deux séries clairement duchampiennes. D'un côté les ready-made augmentés que sont les aspirateurs avec leurs présentoirs en néons, de l'autre les purs ready-made que sont les affiches Nike. 
Passé ces premières pièces, il faut reconnaître que ni les sculptures, ni les peintures ne peuvent être qualifiées de ready-made, même si Koons, c'est son côté pop, puise ses formes et figures dans les bandes dessinées, la publicité et même la pornographie, au lieu de chercher l'inspiration dans un monde intérieur supposé original. Ce qui lui vaut des procès, qu'il lui arrive de perdre.
Cependant voir Koons comme un vulgaire plagiaire relève d'une triple mauvaise foi :
- la citation existe de longue date dans l'histoire de l'art (Van Gogh-Manet pour ne donner qu'un exemple) et même si le geste contrevient aux lois sur le copyright, il reste légitime au vu d'une longue tradition...
- Koons ne prétend pas inventer ex nihilo ses formes et images, il revendique au contraire clairement ses sources d'inspiration
- enfin les objets et images ne sont jamais reproduits tels quels. S'inspirer d'une photo de mode pour faire une photo de mode c'est du plagiat, mais en faire une sculpture, c'est déjà autre chose. 
L'art de Koons n'est effectivement pas dans l'invention ou l'imagination de formes nouvelles, il est dans la transformation. Ce qui n’empêche aucunement certaines des pièces d'être de vraies peintures ou sculptures, et d'être belles.

Koons ne fait pas

Les détracteurs gardent ici encore une dernière carte dans leur manche. "Oui, on peut reconnaître que certaines sculptures ont un pouvoir hypnotique, que leur réalisation est assez spectaculaire, mais qu'est-ce que ça vaut, puisque c'est pas lui qui les fait ?"
Koons emploie effectivement, d'après les derniers chiffres à ce sujet, 128 personnes à temps plein, sans compter les prestataires extérieurs qui interviennent ponctuellement sur la réalisation de ses pièces. Contrairement à d'autres qui auraient tendance à le cacher, Koons adopte vis-à-vis de cette armée de petites mains une attitude décomplexée. On trouve souvent à ce propos cette citation : “I’m not physically involved in the production. I don’t have the necessary abilities, so I go to the top people.” (je ne suis pas physiquement impliqué dans la production. Je n'en ai pas les compétences nécessaires, donc je vais chez les meilleurs). 
Si le nombre d'assistants est effectivement étonnant, la pratique elle-même ne l'est pas. De l'atelier de Rubens aux marbres de Rodin, sculptés entre autres par Camille Claudel ou Bourdelle, de très nombreux artistes "classiques" sont connus pour des œuvres qu'ils n'ont pas à proprement parler réalisées.


Dans le fond toutes ces critiques ont en commun d'être des attaques ad hominem, et ne dépassent jamais ce qui reste un procès d'intention. Un tel succès ne peut pas venir sans compromission, on se sent obligé de trouver le pacte faustien qui expliquerait cette gloire et cette richesse (oubliant au passage que la carrière de Koons a connu de sérieux revers). Pour beaucoup, la détestation est telle qu'aller voir le travail, faire l'expérience de ces œuvres est tout bonnement inutile. 
C'est tout à fait dommage car cette rétrospective mérite d'être vue.
Ceux qui pensent que Koons ne se soucie pas du monde réel verront sa réflexion sur les frontières entre low et high-art. Les sérigraphies de publicités pour alcool, par exemple, mettent en évidence la manière dont l'abstraction n'est utilisée que pour s'adresser à un public CSP++, les affiches Nike, interrogent, elles, la manière dont les athlètes noirs sont mis en scène. Dans les deux cas, Koons propose un regard de sémiologue qui n'aurait pas déplu au Barthes des mythologies.
Dans les pièces de la période Celebration (dont font partie les célébres Balloon Dog) on prendra la mesure de l'exigence formelle de Koons. Si les sujets semblent d'une affreuse légèreté, la réalisation des pièces, de l'adaptation des motifs aux techniques de fabrication, est bluffante et transforment à chaque fois ces objets de culture pop en véritable objet d'art.
Enfin la dernière qualité qu'on trouve chez Koons est sa capacité à prendre des risques. La série Made in Heaven, mise en scène pornographique de sa rencontre amoureuse avec la Cicciolina, montre qu'il est prêt à aller au bout de ses idées, quand bien même elles impliquent d'être montré nu (et plus), de faire face à la critique et de perdre (temporairement) sa galerie.
Sous son vernis frivole, sa couche kitsch, Koons est un artiste bien plus sérieux qu'il n'y parait. 

























Liens

Photos prises par mes soins lors de la rétrospective Koons au centre George Pompidou

David Rybak