16/05/2016

Jeux d'échanges

Peut-on se targuer d'avoir participé à une exposition à laquelle personne ne vous a invité ?

Du 13 au 17 avril dernier, s'est tenu à l'atelier chez Kit Jeux d'échanges. Une proposition d'accrochage expérimental, qui avait lieu dans le cadre du parcours d'art contemporain Coordonnées, organisée par l'association Bulb. 



Chez Kit est un atelier d'artistes qui se transforme une fois par trimestre en lieu d'exposition - un artist run space comme on dit aujourd'hui -. Lors de leurs précédents événements, ils s'étaient orientés vers des formes classiques, en tentant une fois l'expérience du salon et à deux occasions des accrochages régis par des commissaires. Avec Jeux d'échanges ils ont proposé un concept alternatif.

L'idée est simple, ici le spectateur peut participer, et l'exposition se transforme au fur et à mesure que de nouveaux artistes, confirmés ou totalement amateurs, amènent leurs pièces. En échange d'une oeuvre déposée, le nouveau participant tire un numéro au sort, et repart avec la pièce correspondante. 
Le fait que l'échange soit basé sur le hasard et non pas sur un choix ôte du processus les considérations de gains et de valeur. Ici, pendant un cours laps de temps, tout se vaut, et vous avez autant de chances de repartir avec l'oeuvre d'un artiste connu (on ne résistera pas à la tentation de citer Fabrice Hyber qui est passé jouer, ce qui ne rend pas justice aux jeunes artistes représentés par des galeries qui étaient là aussi) qu'un dessin d'enfant (le parcours était soutenu par la ville de Pantin et a accueilli plusieurs visites scolaires). 
L'exposition présentait donc en permanence une quarantaine de pièces mais changeait au fil des jours de physionomie, en fonction des publics dont elle devenait le reflet. 

Au charme de l'idée, qui vient déranger durant quelques jours la pression marchande, les côtes et les distinctions entre high et low art, s'ajoute le soin mis par les artistes de chez Kit dans la scénographie de leur proposition. 
Les socles et présentoirs composées de matériaux de chantier, qui sont devenus une des marques de fabrique du lieu, dégagent toujours le même charme (OSB for ever). Quand bien même les pièces, prises individuellement, sont d'intensité variables, l'efficacité du dispositif nous permet de toujours considérer la proposition comme oeuvre dans son ensemble. 

Pour ma part j'ai déposé ma sérigraphie, étude pour un motif, Facile, j'aurai pu le faire et suis reparti avec un clou à deux têtes, issu de la série outillage, de Martin Monchicourt









En (sa)voir plus :
Le parcours d'art Coordonnées
Chez Kit

02/02/2016

Back when famous, quelques photos et du texte

Voici le joli texte de Paul Calori, l'un des galeristes de l’œil du vingtième, écris à l'occasion de mon exposition Back when famous. Il prend le temps de revenir sur ma pratique de ces dernières années et explique bien les développements de mon travail et les questions qui le sous-tendent...
Bonne lecture !
ps
pour ceux que ça intéresse, la galerie organise une rencontre avec moi dimanche 7 janvier, les détails ici.
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De prime abord, Back when famous pourrait sembler une sage exposition de gravure, de photographie, de design et de graphisme. Il faut s’approcher un peu pour voir ce qui cloche. Le motif du papier peint qui recouvre un pan de la galerie envoie un message cruel (Tu sers à rien). Les lettres géantes plantées sur la colline d’Hollywood proclament l’absence d’espoir (Hopeless). L’artiste n’est l’auteur ni des photographies, anonymes, ni des gravures, qui sont de Gustave Doré : il s’est approprié ces images afin de les hybrider, ou y greffer du texte. Le meilleur terme pour désigner le travail de David Rybak, jeune artiste diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2011, est celui de collage.
Le collage, tel qu’inventé par Braque et Picasso, se résume à l’origine aux « papiers collés » : découpage et assemblage de matériaux diverses, dans la logique cubiste de figurer l’éclatement du réel. Son emploi par les dadaïstes, surréalistes et constructivistes l’a enrichi d’une dose d’humour, d’une résonance politique et de toutes potentialités du texte imprimé. Aujourd’hui, le terme de collage peut désigner toutes sortes d’hybridation entre supports, de déplacement, de changement de contexte. Dessinateur à l’origine, formé à la gravure, David Rybak a choisi depuis quelques années de placer sa recherche sous ce terme générique, qu’elle prenne la forme de sérigraphies, de dessins ou d’installations.
Pour des raisons de place et d’économie, il pratique d’abord la découpe de manchettes de journaux et le légendage grinçant d’images issues de magazines ou de beaux livres. Dans l’esprit des fausses unes de quotidiens de Keith Haring (1980), sous le bricolage manifeste et l’humour parfois potache, affleurent l’amertume et la mélancolie. Dans sa première série de grands formats de collages sérigraphiés, Les Camps d’attraction (2014), il transplante par photomontage des machines foraines sur des architectures militaires, formulant ainsi une critique explicite de la société du divertissement.
Avec Les Dorés (2014-2015), il greffe sur les illustrations de la Bible par Gustave Doré des éléménts incongrus de sources et d’inspiration diverses, en conservant les titres originaux des gravures. Geste blasphématoire ou véritable interrogation ? Plus instinctifs, moins programmatiques que les précédents, ces collages se prêtent à l’interprétation libre, et les strates de sens se multiplient : humour certes, mais aussi confession biographique déguisée, réaction à un héritage culturel écrasant, court-circuitage déconcertant de l’histoire de l’art. Le travail en série lui permet ici de varier les tons, de cultiver l’équivocité.
La polysémie se resserre à nouveau dans la série suivante, California (2015), qui est une forme de retour à ses papiers collés. On y retrouve ses slogans paradoxaux (Buy one, get one), constats d’échec lapidaires (There’s no turning back), bouteilles à la mer sentimentales (Remember me), greffés ici sur une imagerie d’une Californie fantasmée. Le numérique aidant à gommer les coutures, le texte ne vient plus se superposer au réel, mais se fond dans un paysage déjà bavard : enseignes, placards et frontons géants, lettres monumentales. Ces signaux spectaculaires, devenus clichés moribonds de la culture américaine, semblent ranimés par une colorimétrie saturée et l’électrochoc du mauvais esprit de l’artiste.
Parfois, David Rybak se passe de l’image pour donner directement corps au texte, dans ce qu’il appelle des installations textuelles. Sérigraphiés sur des miroirs, lettres et mots se superposent au visage du spectateur :Après moi le déluge (2010), So what now ? (2011), Quand tu me lis je suis dans ta tête (2012). Dressées sous forme de caissons de contreplaqué, les trois lettres géantes du mot Ego (2012) se parcourent comme une sculpture minimaliste. Ses mots peuvent également se suspendre comme des guirlandes festives (Content pour rien, 2011), ou se fondre dans les murs grâce au papier peint Tu sers à rien (2015). Le texte ne vient plus commenter le réel, mais devient lui-même objet à caractère ludique.
Tous ces bouts de texte accumulés finissent par faire style. Trop prudent pour s’adonner à l’aphorisme ou à l’agitprop, David Rybak préfère les formules toutes faites (Après moi le déluge), les lapalissades (Quand tu me lis je suis dans ta tête), les adresses triviales (Ta gueule et admire), les clichés romantiques (Remember me), la fausse réclame (Buy one, get one). Il adopte volontiers l’anglais, langue du commerce et de la pop culture, de latagline concise et efficace. Ses messages stimulent nos réflexes primaires, nous interpellent à coup de « je », de « tu » et d’impératifs. Ils activent ce que Jakobson appelle la fonction conative du langage, vouée à faire réagir l’interlocuteur, plutôt que ses fonctions descriptives, expressives ou poétiques. Dans quel but ?
David Rybak semble vouloir raviver une relation éteinte entre le spectateur et l’art. Dans un monde où l’image est devenue inoffensive à force d’omniprésence, où tout geste artistique est instantanément récupérée par le marketing et le divertissement, quelles armes reste-t-il à l’artiste ? L’acte du collage, toujours plus libre que l’image et son contenu figé. L’effort de simplicité, qui résiste au piège du perfectionnisme et de la maîtrise technique. L’exercice d’une auto-dérision contre tout esprit de sérieux, sur le fil étroit entre la légèreté et la sincérité. Surtout, la délicatesse qui consiste à laisser ouvert le champ de l’interprétation, à cultiver la multiplicité des niveaux de lecture. A quoi bon proposer au spectateur une œuvre dans laquelle il n’aurait pas la possibilité de prendre parti ?

05/01/2016

Back when famous




Chers amis et anonymes du web,

J'ai le plaisir de vous inviter à mon exposition Back when famous à la galerie l’œil du vingtième.
Le vernissage aura lieu le jeudi 14 janvier, de 18h à 21h.
L'exposition dure ensuite jusqu'au 21 février.

A propos de l'expo, le mot des galeristes :
"Déplacements d’inspiration surréaliste, mise en espace de slogans choc, hybridation entre clichés iconiques et textuels : le travail de David Rybak, explore la mise en tension des mots et de l’image à travers diverses formes de collage aussi drôles qu’inquiètes. L’exposition Back when famous regroupe ses travaux sérigraphiques les plus récents (la série des Dorés, la série California, l’installationTu sers à rien), ainsi que des dessins originaux inédits. Une invitation à prendre parti, face à des œuvres malicieusement équivoques."

Au plaisir de vous y voir, ce sera l'occasion aussi de trinquer à la nouvelle année et de discuter de nos bonnes résolutions !


01/01/2016

Christmas Party, les cartes postales

Pour bien démarrer l'année, une petite photo de ma contribution au catalogue de cartes postales de l'exposition bibliothēca...
Pour ce projet, notre commissaire Aurélie Faure nous a envoyé une selection d'images à partir desquelles travailler. Le concept de ces cartes est aussi qu'en plus d'avoir un visuel, les artistes vous donnent aussi un texte.
Plus besoin de se creuser la tête pour vos vœux à votre famille éloignée, c'est parfait !

Christmas Party # Bibliothēca
24 cartes postales, sur une idée originale d'Aurélie Faure
édité par Born & Die, Paper Tiger! et la Under Construction gallery



29/12/2015

bibliothēca, photos de l'exposition

Quelques photos de l'exposition, qui a été prolongé jusqu'au 2 janvier 2016.
C'est maintenant ou jamais pour aller voir !


Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele
Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele

Vue de l'expo ©Rebecca Fanuele

Détail pris lors du vernissage ©David Rybak

12/12/2015

Christmas Party #01 / bibliothēca, exposition à la Under Construction Gallery


























Salut les amis,

j'ai le plaisir de vous annoncer, sur l'invitation de la commissaire Aurélie Faure (aka Katerina Stella) ma participation à bibliothēca à la Under Construction Gallery.

Cette exposition réunit un grand d'artiste autour du multiple et de l'édition et se déroulera du 17.12 au 24.12.2015. Vernissage le jeudi 17.12 de 18h à 21h. La galerie sera ouverte pour l'occasion le weekend.

Ci-après, toutes les informations compilées par notre curatrice, liste des artistes avec moult liens ainsi que quelques mots pour présenter l’événement...

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be curious & click

Jean-Michel Alberola, Aluan, Atelier Bingo, Born And Die, Angélique Buisson, Marielle Chabal, Claude Closky, Rémi Dal Negro,Nadège Dauvergne, dDash, Annie Descôteaux, Éditions Dilecta, documentation céline duval, Chloé Dugit-Gros, Juliette-Andréa Elie, Sarah Garcin, Alice Guittard, Bérengère Hénin, Hippocampe, Jean Boîte Éditions, La maison&, Bérénice Lefebvre, Lendroit éditions, Julien Levesque & Alain Barthélémy, Rachel Marks, Myriam Mechita, Claire Nicolet, Optical Sound, Pan, Paper!Tiger!,anthony peskine, Elodie Petit, Pli, David Rybak, Amélie Scotta, Sleep Disorders, Sottises, Sous le manteau, Tim Stokes, Éditions Supernova, Taroop & Glabel, Samuel Trenquier, URDLA, Adrien Vermont, Juliette Vivier, Capucine Vever, Lucy Watts, What You See Is What You Hear, Etaïnn Zwer, and more!
Commissariat : Aurélie Faure aka Katarina Stella

Christmas Party #01
— un évènement annuel à l'initiative de Under Construction Gallery, en partenariat avec Paper!Tiger!

bibliothēca
— un concept d'exposition dédiée à l'édition et au print, par Aurélie Faure aka Katarina Stella, qui réunit un corpus éclectique d'œuvres et de livres, à flirter ou à embarquer. La scénographie aura pour but de recréer un salon de lecture, dans un décor design emprunté à Jasper maison afin d'offrir au public de quoi prendre le temps de découvrir les travaux présentés. Une véritable bibliothèque réunira une sélection de livres : livres d'artiste, de revues, d'essais, de poésies, de magazines, de fanzines, etc. Une platine sera à disposition afin de pouvoir écouter des vinyles, diffuser des composition musicale, de la poésie et/ou des installations sonores, des archives de voyage, et découvrir des albums collectors, des pochettes inédites, etc. Un accrochage original présentera de la sérigraphie, du dessin, du design graphique, de la gravures, des collages, etc. Quelques multiples seront présents.

bibliothēca
— c'est l'occasion de partager et de produire ensemble. Les artistes et éditeurs se retrouvant dans la bibliothēca sont invités à participer à la réalisation de cartes postales. L'ensemble des propositions reçues seront rassemblées avec un dos carré/collé afin d'arriver à un objet abouti, prenant la forme d'un livre, et permettant à l'acheteur de les détacher une à une et de n'avoir plus qu'à mettre l'adresse du destinataire — éd.100ex [Co-prod. Born And Die + Paper!Tiger! + Under Construction Gallery] — Lancement samedi 19.12.2015

bibliothēca
— c'est aussi une programmation de lecture, concert, et performance au cours du samedi 19.12.2015, de 14h à 21h. venez nombreux, cette journée sera pleine de surprises qui vous réchaufferont le cœur et l'esprit !

bibliothēca
— sera ouverte tous les jours du 17 au 24.12.2015 de 11h à 19h, dimanche 20 et lundi 21 inclus.
— une prolongation de l'expo est prévue du 29.12 au 02.01.2016.

11/10/2015

Les éditions Anathème à l'Insolante

Après une première incursion dans le domaine de l'édition avec le livre d'artiste de Jérôme Benitta que nous avions sorti à l'occasion de son exposition Pornography in Hollywood à l'atelier, nous remettons le couvert en travaillant cette fois avec quatre artistes, auteurs de bandes dessinées aux éditions Anathème.

C'est dans le cadre du festival Fanzines que nous avons été approché par Amandine Meyer et Thomas Gosselin qui avaient envie de monter un événement pour donner plus de visibilité à cette petite maison trop peu connue. 

Nous présenterons bien sûr le catalogue complet d'Anathème mais aussi des dessins originaux ainsi que des sérigraphies de Joseph Callioni, François Henninger, Pierre Marty et Isao Moutte, éditées spécialement à l'occasion par l'Insolante. 

L'exposition aura lieu à notre atelier (sa page facebook, pour ceux qui ne la connaissent pas déjà) du 17 au 23 octobre. 
Vernissage vendredi 16, de 19h à 22h, on espère vous y voir nombreux !

Pour en voir plus sur les auteurs invités :
* Joseph Callioni : sa fiche sur citeBd, son dernier livre La planète impossible chez Atrabile
* François Henninger : sa fiche sur citéBd, son dernier livre Lutte des corps et chute des classes
en collaboration avec l'ami Thomas Gosselin
* Pierre Marty : son blog
* Isao Moutte : son blog, son dernier livre Castagne chez nos amis de The Hoochie Coochie



08/09/2015

The hootchie coochie circus

Yeah, le weekend du 26/27 septembre, je serai à la Générale avec tous mes collègues de l'Insolante
L'événement est organisé par nos amis de the Hoochie Coochie et a pour ambition d'être un petit salon d'édition centré sur la bande dessinée indépendante.

On y verra aussi plein d'exemples de micro-éditions présentés par des structures amies, comme la notre, mais aussi les éditions Polystyrène, Bicéphale, La Principauté du Commandant Charcot à Bruc-sur-Aff (L.L. de Mars & C. de Trogoff), Gonzine (Sarah Fisthole), Une Autre Image (Dérive Urbaine, Boris Hurtel), Super Señor (Adrien Houillère), Les Détails (Loïc Gaume), La Fabrique de Fanzines, Serendip Livres (Samandal, Biscoto, Super Loto, etc.), Flûtiste…

En plus de tout ça il y aura des démonstrations d'impression et des concerts samedi soir !

le programme complet ici.