16/12/2014

Domotique

Depuis trois ans, Romain Boulay, artiste nantais et cofondateur de MilleFeuilles, invite des amis à exposer chez lui. Sortir les œuvres de l'éternel white cube et créer un moment d'intimité entre les pièces, les artistes et les spectateurs est l'objectif de cette proposition originale.

Pour cette nouvelle édition le commissariat à été confié à HAAG, plateforme bruxelloise, dont fait parti Jules Bouteleux. C'est par ce biais que j'ai été invité à participer, avec Ceel Mogami de Haas, Olivier Magnier et Marion Richomme, à l’exposition Domotique.

Pour cet accrochage l'idée de notre curateur était de limiter au maximum la transformation du lieu. Ne pas céder à l'envie de sortir les meubles et objets de l’appartement pour créer une mini galerie.

On retrouve dans les travaux des artistes aussi bien un lien avec l'idée d'habitat mais qu'une notion de fragilité, qui associé créée un mélange aussi poétique qu'inquiétant, révélant un zeitgeist où la notion de précaire est centrale.

La trousse de soin tenu en équilibre au mur de Jules Bouteleux, le cactus en terre crue d'Oliver Magnier, les céramiques organiques de Marion Richomme comme mes verres sont autant de pièces à la fragilité évidente la cité radieuse engloutie de la vidéo de Ceel Mogami de Haas, comme mes impressions sur verre jouent sont proches d'une archéologie du futur, sont la trace d'une évolution achevée, les images d'une disparition prochaine...

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Domotique 
Exposition visible sur RdV jusqu'au 1er février 2015
3 rue Dufour, Nantes
contact Romain Boulay 06.50.26.00.90




A gauche, la pièce de Jules Bouteleux, au dessus du canapé, une de mes sérigraphies.
Hold Me, céramique, bois et boîte en plastique, Jules Bouteleux
à gauche : Khélona Cellula, grès de Marion Richomme. A droite mes Structures, sérigraphie sur verre 




Vue d'ensemble du Salon.


Au centre The Grand Old Face of the Plateau, vidéo de Ceel Mogami de Haas, accompagné d'une pièce sonore.
Les plantes font parties du dispositif.


Cactus, argile crue, Olivier Magnier

Dans la cuisine, une de mes structures, un grès de Marion Richomme et une enceinte et un cactus...
Bon exemple de l'aspect "domestique" de notre accrochage.


David Rybak

L'Insolante fête son premier anniversaire !

Le 11 décembre, notre atelier de sérigraphie a fêté son premier anniversaire.
Nous avons ouvert ce lieu avec en tête deux idées :
- mutualiser un espace et un outil de production qui est à la base de notre pratique artistique, et ainsi nous permettre de poursuivre notre travail une fois sortis de l'école
- mettre à disposition nos compétences et créer un lieu alternatif pour l'impression et l'édition d'estampes.

Un an après notre ouverture de nombreux projets sont en construction mais nous pouvons déjà être fiers d'avoir travaillé avec de nombreux artistes parmis lesquels Tom Haugomat, dDash, Raphaëlle Enjary, Olivier Philipponeau, jecherrylanuit, Singeon, Toonovski, Isabelle Delatouche, Adrien Vermont, Benjamin Grafmeyer, Julia, Claire Pedot et moi dont les travaux étaient visibles lors de notre accrochage d'anniversaire.


David Rybak























ps
Merci à Pablo Melchor pour les photos.

Tu préfères / photos de l'accrochage


Quelques images de mes sérigraphies et des dessins de Clément Balcon présentés pour cette occasion.



















































David Rybak

20/10/2014

Tu préfères / exposition à l'Insolante


















"Tu préfères"..., une exposition des derniers travaux de Clément Balcon et de David Rybak sera visible le 6 novembre à l'Insolante. Vernissage de 18 à 22h puis visite sur rendez-vous.

Au plaisir de vous y voir !

L'Insolante
L'event sur facebook

06/10/2014

Les dorés

Mon travail à partir de la bible de Gustave Doré continue. J'adapte en ce moment les collages papier pour une édition en sérigraphie en deux passages (noir et or). Les estampes sont numérotés sur 10 et disponibles à la vente. M'écrire pour plus d'infos...







02/09/2014

Retour au cartoon 4

Dédicace à tous les amis hypocondriaques...

La nuit, Paul passait des heures à discuter avec son amibe imaginaire. David Rybak.

28/08/2014

Retour aux cartoons

Une idée qui me trotte dans la tête depuis mon voyage à Prague...
Plus de dessins dans la même veine très bientôt !



11/06/2014

Donnez-nous plus de bible !

Contrairement à ce qui est dit dans ce strip de Bastien Vivès (que je trouve par ailleurs hilarant) la bible est une super source !
Trahison, violence, inceste, miracles et souvent aussi catastrophes, les saintes écritures disposent d'arguments de vente d'un niveau égal ou supérieur à la majorité des blockbusters contemporains...
Pour continuer sur ma lancée, en bande dessinée on pourra lire le super In God we trust de Winschluss mais on pourra éviter par contre la Genèse de Crumb...

Enfin bref tout ça pour dire que voici un nouveau collage sur le sujet...
Pour voir l'intégrale de ma bible revisitée, vous pouvez cliquer ici !




G I R L / Pharell Williams chez Perrotin



Il y a deux mois j'écrivais un article dans lequel j'abordais entre autre les questions soulevées par la performance de Jay-Z à la Pace galery (pour relire c'est ici). Je ne peux donc pas faire l'impasse sur l'exposition G I R L, curatorée par Pharell Williams, qui fait l'ouverture du nouvel espace de la galerie Perrotin à Paris. 

Qu'en dire ?

Il y a trois sortes de pièces montrées dans cet accrochage. Des pièces de femmes artistes, qui forment un ensemble assez cohérent avec une sélection qui regroupe les incontournables que sont Marina Abramovic, Sophie Calle, Cindy Sherman ou encore les Guerilla Girls. La deuxième catégorie est composée de pièces qui ont un rapport avec la "féminité", ce qui veut dire en général qu'une femme y est figuré. On retrouvera là Daniel Firmin, Jean-Michel Othoniel ou Xavier Veilhan. 
Jusque là tout va bien. On ne boude pas son plaisir de réviser son histoire de l'art et tout ça sans payer d'entrée – on l'oublie trop souvent mais les galeries sont l'un des derniers espaces dans lesquels on peut avoir accès gratuitement à de la culture !
En fait le type d'oeuvre qui laisse perplexe est la collection de portraits de Pharell Williams. Notre curateur distille dans son accrochage des oeuvres qui le représente, Pharell sur fleur de Murakami, Pharell en peinture par Laurent Grasso ou encore Pharell en statue de verre par Daniel Arsham.

L'exposition se retrouve en fait piégée par sa double ambition, d'un côté présenter un ensemble thématique cohérent (basé le plus possible sur des artistes de la maison) de l'autre mettre Pharell Williams au centre. 
Au risque que le sujet ne devienne "Pharell fait une expo...".

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Assez drôle, en parcourant le web à la recherche d'autres critiques je suis tombé sur cet article qui fait en gros l'analyse opposée. Pour Fiona Hayes, du site Complex, la présence des portraits du chanteur est logique puisque l'expo événement est avant tout la continuité de son album éponyme.
Les pièces dans lesquelles la popstar apparaît deviennent ici les plus personnelles (par glissement métonymique une oeuvre dans laquelle on voit Pharell Williams est forcément habitée par lui). 
L'article en vient par conclure, en toute logique, que le défaut de l'ensemble réside dans les œuvres de femmes (on ose pas dire féministes mais on le lira entre les lignes) qui plombent l'ambiance avec leur trop de sérieux... 
Allez soyons happy quoi !

03/06/2014

A quand la fin du monde ?

Scènes joyeuses d'apocalypse, dans la continuité de mon travail de collages à partir de la bible de Doré...




01/06/2014

Workshop "Tirer un bon coup" à l'Insolante


Design Benjamin Grafmeyer


Vous cherchez un espace où faire de la sérigraphie le temps d'un week-end ?
Nous proposons à notre atelier un workshop les 14 et 15 juin, n'hésitez pas à nous écrire si vous êtes intéressés !
a.insolante@gmail.com
vous pouvez aussi suivre nos projets et notre actualité sur facebook
l'Insolante


06/04/2014

Paysages de la fin du monde

Début d'une série, qui joue avec les images de l'apocalypse au cinéma (ici La Planète des Singes, La Route, 2012, Take Shelter). L'envie aussi d'utiliser différentes qualités de dessin dans une même image (dessin au trait, vectoriel, etc).

Imprimé à l'Insolante, sérigraphie en trois passages sur chromolux argent, format 50/70cm.




Hip-hop et multiculturalisme

Peut-on librement puiser dans d'autres cultures que la sienne ?

Dans son article, L'Amérique a un problème avec ses pop-stars blanche, Mathilde Carton rapporte les critiques à l'encontre de Miley Cirus, Katy Perry ou Lana Del Rey pour leur utilisation d'éléments associés aux cultures afro-américaine ou latino.

Le papier liste les reproches faits aux chanteuses.
On commence par le plus évident : ne s'agit-il pas simplement d'une utilisation de ces codes à des fins commerciales ? De s'acheter une street credibility à peu de frais pour des chanteuses (en particulier l'ancienne Hannah Montana) qui ne connaissent rien de la rue, sinon les clichés déjà véhiculés par l'industrie musicale.

Une fois l'usurpation établie, la critique peut prendre un tournant plus radical. Le point pivot est le « clash » entre Miley et Jay-Z, via paroles de chansons et tweets, qui permet d’aboutir à l'analyse du blog Gradient Lair pour qui "la suprématie blanche empêche les Blancs de comprendre pourquoi ces appropriations culturelles cycliques constituent une arme d’oppression. (...) Ce n’est pas un compliment de voler, d’altérer et de profiter de ceux qui ont été les premiers à créer un art. Cette attitude est déshumanisante. Et le pire, c’est que ceux qui sont derrière cette opération de déshumanisation se marrent à gorge déployée, comme l’attitude de Miley le révèle.»

Il est difficile de prendre la défense de l'ancienne coqueluche Disney, et de ne pas comprendre comment la reproduction de certains stéréotypes peut être perçue comme profondément raciste. Il est légitime/normal/nécessaire de pouvoir questionner, analyser, critiquer le traitement des minorités dans les médias, dont l'industrie musicale fait évidement partie.

Néanmoins l'article et sa conclusion mettent profondément mal à l'aise. Un glissement s'opère : il ne s'agit plus de critiquer l'usage de certains archétypes (la danseuse noire plantureuse en mini short par exemple) mais l'appropriation culturelle en tant que telle. Dans son analyse, Trudy de Gradient Lair, pose deux hypothèses : d'une part qu'il existerait des cultures clairement séparées (noire/blanche/latino, etc), d'autre part qu'il est a priori souhaitable de préserver ces ensembles culturels.

On peut à ce stade prendre une pause pour lire l'interview d'Emmanuel Parent dans Libération, à l'occasion de l'exposition Big Black Music à la Cité de la musique.
Dans cet article, l'anthropologue et musicologue explique le paradoxe qu'il y a dans l'idée de musique noire : à savoir qu'il n'existe pas (contrairement à ce qu'on imagine souvent) de caractéristiques techniques propres à la musique noire et que malgré cela, cette culture noire existe de facto, car des artistes l'ont portée et théorisée en tant que telle.
Il explique aussi combien la musique noire a été influencée par la musique blanche, rappelant la proximité qui a existé, culturellement et socialement, entre les populations noires et irlandaises aux États-Unis au 19ème siècle.

A la relecture, on s'étonne du rôle de Jay-Z dans cette polémique.
Le rappeur apparaît dans l'article de Mathilde Carton comme un défenseur important d'un art noir, alors que dans le même temps il développe l'ambition d'être reconnu par les institutions culturelles traditionnellement associées à l'élite blanche.
Dans Picasso Baby, Jay-Z livre ainsi un tube qui respecte tous les codes du rap game tout en incluant des référentiels rarement vus dans la culture hip-hop. Sont donc bien sur cités les femmes/putes et les voitures de luxe mais aussi Koons, Picasso, Bacon, Da Vinci, Basquiat... Le fantasme n'est plus de régner sur la rue mais de trôner au Louvre, au Met ou au Moma.
Dans la logique de cette transformation en œuvre d'art, Jay-Z performe son morceau à la Pace gallery, avec de nombreuses guest stars, de Fab five freddy (obligatoire au vue des nombreuses références à Basquiat) à Marina Abramovic.
La nature de l’événement, comme les paroles de la chanson, témoignent de l'envie de faire entrer le rap dans la high culture / ce qui suppose de la faire sortir du cadre social et ethnique où il a pu être confiné (malgré les exceptions que sont les rappeurs blancs Beastie boys, Eminem ou House of Pain).

On retrouve ce même désir de reconnaissance, d’inscription du rap dans le domaine de l'art contemporain, chez d'autres acteurs du hip hop US.
On peut citer Nas, un temps le grand rival de Jay-Z, qui se présente aujourd'hui comme un "graphic classic song composer" (cf, no introduction de son dernier album Life is good). De même, le projet annoncé du Wu Tang de faire un album à exemplaire unique, afin de redonner de la valeur à la musique (application des théories de Walter Benjamin ?). L'opus serait en écoute en musée... Kanye West, qui aurait un temps planché sur un projet semblable, s'imagine dans sa tournée une filiation avec Jodorowsky...

Quoi de plus normal ?
De tous temps, les artistes ont trouvés des inspirations dans les formes et techniques d'ailleurs. Qu'il y ait des exemples d'appropriations critiquables, c'est une chose, nier que le processus de métissage culturel puisse être bénéfique en est une autre.
Quand Jay-Z revendique sa place au Moma, il fait exploser l'idée d'une culture noire autonome pour s'inscrire au contraire dans le fil d'une histoire de l'art blanche. Ce mouvement est légitime car le hip-hop dépasse depuis longtemps les ghettos de son origine. La rencontre entre sous cultures et mainstream a une double incidence, il permet la reconnaissance des rappeurs mais il provoque aussi l'entrée de leur vocabulaire stylistique dans le répertoire commun. Ce qui permet à Miley de rejouer des codes gangstas.

Derrière les attaques que subissent les popstars blanches, pointe l'idée de l'échec du multiculturalisme. La peur de la contamination culturelle se retrouve dans tous les groupes ethniques et catégories sociales. Pourtant, dans le même temps, les désirs d'échapper aux cadres stricts des genres n'a jamais été aussi fort, ni aussi simple.



27/01/2014

Devenir star

En vous souhaitant à tous une bonne année !


L'Insolante

Notre atelier collectif de sérigraphie a enfin ouvert ses portes au 33 rue de la Réunion. N'hésitez pas à visiter notre page facebook ! De plus amples détails bientôt...


Dépression

Pour ceux qui souhaitent enfin tout comprendre à la crise....

Enfin comprendre la crise, David Rybak ©